IER DIMANCHE DE CAREME

LA LITURGIE DU MERCREDI DES CENDRES

Toute la liturgie du Mercredi des Cendres nous invite à porter notre regard vers la vie éternelle, à ne pas perdre de vue la finalité des quarante jours qui viennent (quadragesima, « quarante » en latin, a précisément donné notre « carême »), une finalité qui n’est pas terrestre, mais éternelle.

Vous trouverez ici un commentaire sur un chant, un texte et un geste propres au Carême, puis une brève méditation et des suggestions de chants à écouter.

UN CHANT

            Pendant l’imposition des cendres, le Graduel Romain propose le chant Emendemus in melius, dont voici le texte et la traduction :

Emendemus in melius
quae ignoranter peccavimus :
ne subito praeoccupati die mortis
quaeramus spatium paenitentiae,
et invenire non possimus.
Attende, Domine, et miserere :
quia peccavimus tibi.
Corrigeons pour un mieux les fautes
par lesquelles nous avons péché en ignorants :
de peur que, pris soudain de court au jour de la mort,
nous ne cherchions un délai pour faire pénitence,
et que nous ne puissions le trouver.
Au secours, Seigneur, et pitié !
car nous avons péché contre vous.

            Il est manifeste que la prière est ici tournée vers la mort et la vie éternelle. L’Eglise, mère attentive et pédagogue, nous exhorte par la liturgie à ne pas limiter notre regard aux réalités présentes, aux difficultés du jeûne de ce jour, à l’ascèse de la charité, à la sécheresse de la prière. Elle nous invite à espérer et à supplier le Seigneur, pour reprendre le Miserere (Ps. 50) : « Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi. Contre toi, et toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait. ».

UN TEXTE

            C’est justement le psaume 50 qui nous est donné pour la messe du Mercredi des Cendres et aux Laudes du même jour :

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense. Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait. Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. 
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint. Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.  

Ces versets nous sont donnés pour la messe. Le psaume n’est pas complet, mais nous trouvons, là encore, la même orientation eschatologique – c’est-à-dire concernant les fins dernières : le retour du Christ en gloire, le jugement dernier, la vie éternelle. « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit », non seulement pour ce monde, mais en vue de la vie éternelle !

UN GESTE

            Le geste marquant de l’imposition des cendres ne nous rappelle pas autre chose. En témoignent les deux formules possibles pour ce rite : « Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière » et « Convertis-toi et crois à l’Evangile ». Les cendres nous rappellent notre condition de mortel et nous renvoient à ce qui adviendra ensuite : « préparez-vous à rencontrer votre Seigneur ! », nous invite en quelque sorte l’Eglise par ce moyen. Par « l’Evangile », il ne s’agit pas seulement du récit des événements de la vie du Christ, mais de la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Christ et de notre Salut, auquel nous sommes exhortés à nous préparer.

MEDITATION

            Par ce temps du Carême, l’Eglise nous donne les moyens concrets de nous préparer à l’avènement du Royaume. La Collecte du vendredi après les Cendres demande au Seigneur que nous puissions pratiquer d’un cœur sincère l’ascèse que nous appliquons à notre corps. De même, le prophète Joël à la messe des Cendres : « Maintenant – oracle du Seigneur – revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu ».

Il n’est pas tant question d’un jeûne pour être meilleur en ce monde que d’une conversion profonde pour les réalités à venir, pour le Royaume des Cieux. Cependant, notre vertu s’exerce aujourd’hui, où nous sommes, pour que notre cœur rendu plus pur par la grâce que nos efforts de Carême nous rendent plus disposés à recevoir accueille toujours plus l’amour et la miséricorde du Seigneur. Ainsi, le but de nos ascèses est bien d’éclaircir le chemin, de disposer nos cœurs à recevoir la grâce surabondante d’un Dieu miséricordieux, « lent à la colère et plein d’amour ».

Ne perdons pas de vue la finalité de ce temps : notre péché est devant nos yeux, demandons pardon. Nous savons pourtant quelle est la miséricorde d’un Dieu qui livre son Fils pour notre salut, d’un Dieu Sauveur. Nous savons que le Royaume est proche, il est urgent de préparer sa venue : emplissons nos cœurs du désir du retour du Christ et de son avènement dans la gloire.

Quelques suggestions musicales

Le Royaume est proche, Fr. C. Binachon, Fr. D. Perrin (https://www.youtube.com/watch?v=vK5Y_iR3jxA&list=RDvK5Y_iR3jxA&start_radio=1)

Emendemus in melius, P. de Manchicourt (https://www.youtube.com/watch?v=qd-4fXPSkhA&list=RDqd-4fXPSkhA&start_radio=1)

Miserere mei Deus, G. Allegri (https://www.youtube.com/watch?v=cLtm0DqNPHM&list=RDcLtm0DqNPHM&start_radio=1)