VÈME DIMANCHE DE CARÊME
LE TEMPS DE LA PASSION
La liturgie de ce dimanche nous montre la compassion du Christ, la foi de Marthe et Marie et la résurrection de Lazare. Il ouvre aussi, cependant, le Temps de la Passion. Ce n’est pas encore la Semaine Sainte, mais l’Eglise nous y prépare. Les images, dans les églises, sont couvertes : la croix est voilée, pour n’être à nouveau visible qu’au moment où elle sera dévoilée solennellement le Vendredi Saint, lorsqu’elle sera vénérée par les fidèles.
Vous trouverez ici un commentaire sur un texte, un chant et un geste propres au Carême, puis une brève méditation et des suggestions de chants à écouter.
UN TEXTE
La liturgie de la Parole est, de plus en plus, tournée vers la résurrection. Dans le livre d’Ezekiel, le Seigneur va “ouvrir les tombeaux”: “Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez”. Le psaume est davantage un appel à l’aide “Des profondeurs je crie vers toi Seigneur” mais notre passage s’achève sur “C’est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes”. Là encore, le peuple de Dieu est confiant : son Seigneur vient pour le libérer. La deuxième lecture porte aussi sur la résurrection et l’Esprit qui nous est donné à la suite de celle-ci. L’évangile, celui de la résurrection de Lazare, part de ce miracle de Jésus pour manifester la réalité de la résurrection aux derniers jours dont fait mention Marie de Béthanie.
| Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur : j’ai parlé et je le ferai – oracle du Seigneur. |
Nous pouvons voir dans le “tombeau” le péché qui nous enferme, mais le fait d’en faire remonter le peuple, en plus de manifester la libération du péché, fait allusion à la résurrection des derniers jours. Toutes les lectures de ce jour nous invitent à regarder plus loin que ce monde, plus loin que ce que nous voyons au premier coup d’œil. Le Seigneur nous promet bien plus que la seule résurrection de notre corps après la mort, un retour dans la même vie après quatre jours dans un tombeau. Il veut pour nous une vie meilleure, plus remplie que tout ce que nous pourrons avoir en ce monde, une vie pleine du bonheur de contempler Dieu et de nous couler dans la perfection de son amour.
Par la résurrection, il nous annonce “autre chose”, et pas seulement notre vie “en mieux”. Ayons confiance en Lui, n’oublions pas qu’Il est celui qui nous connaît parfaitement, pour nous avoir fait. Nul doute que ce qui nous attend est infiniment plus grand que tout ce que nous avons en ce monde. N’ayons pas peur de perdre ce que nous avons : Dieu est bon, il est même le Bon. Tout ce qui est bon pour nous se trouve en Lui, plus que dans le monde. Le monde n’est pas mauvais, il est souillé par le péché, comme l’homme : le bon Dieu vient le sauver.
Nous pouvons trouver un écho des “tombeaux” dans notre monde. Lorsque nous voyons la souffrance de certains, l’empire du diable en ce monde, l’éloignement de tant d’hommes de leur Créateur, ne voulons nous pas hâter son retour par nos prières ? Il va venir dans la gloire : le désirons-nous ? Le Carême est une école du désir de Dieu, du désir du retour dans la gloire du Seigneur, que l’Eglise nous donne. Il s’agit de ne pas faire l’école buissonnière : nous ne savons ni le jour, ni l’heure.
UN CHANT
La liturgie prévoit que l’on puisse chanter, suivant l’usage ancien, les mêmes hymnes que pendant la Semaine Sainte au cours de cette semaine. L’hymne des laudes, En acetum, fel, arundo est comme une hymne à la Croix, lieu de la Passion, certes, mais aussi arbre de vie, d’où ,jaillit le salut. C’est le même esprit qui traverse le Vexilla regis, l’hymne des vêpres : “arbre splendide et resplendissant, orné de la pourpre du Roi, tronc jugé digne de toucher des membres si saints”. Le ton en est peut-être plus triomphal que celui de l’hymne des laudes, mais dans l’un et l’autre s’entendent à la fois la douleur du mystère de la Croix et la joie triomphale, déjà perceptible en transparence, de la Résurrection.
UN GESTE
Dès ce dimanche, nous voilons les images de nos églises. La croix, en particulier, sera dévoilée lorsqu’elle sera montrée et vénérée, le Vendredi Saint. C’est une manière d’accentuer la sobriété du Carême alors qu’il approche de sa fin, mais aussi un moyen de redécouvrir la beauté des églises. Voyons aussi dans le fait de voiler puis dévoiler la croix le moyen d’entrer plus profondément dans le rythme des derniers jours de la vie du Christ et dans les jours saints du mystère du Salut. Particulièrement pendant la Semaine Sainte, l’Eglise vit au rythme de la vie du Seigneur, au jour le jour. Pédagogue, elle nous fait doucement entrer dans ce rythme grâce à cette semaine, comme pour nous aider à nous concentrer sur l’important.
| Quelques suggestions musicales Vexilla regis (pas très bonne qualité) Vexilla Regis Prodeunt Christus factus est, A. Bruckner Anton Bruckner – Christus factus est L’amour de la Croix, Tanguy Dionis du Séjour,https://youtu.be/OaIr4CtYxX0?si=QaHHm0VDXuZRhbN_ |