IVEME DIMANCHE DE CAREME

LAETARE

La liturgie de ce dimanche nous invite à nous réjouir par avance de ce qui nous attend à Pâques. La couleur rose des ornements liturgiques anticipe le blanc festif que le prêtre portera à la Résurrection. La liturgie trancscrit également cette joie en permettant aux instruments de sonner et aux fleurs de décorer l’autel pour ce dimanche.

Vous trouverez ici un commentaire sur un texte, un chant et un geste propres au Carême, puis une brève méditation et des suggestions de chants à écouter.

UN TEXTE

L’Eglise donne aujourd’hui pour évangile le passage de l’aveugle-né. Intéressons-nous cependant, pour cette fois, au psaume qui est proposé. Il s’agit du Psaume 22, qui exprime la confiance de la brebis en son berger. Le trait grégorien, tiré du Ps. 124 est dans la même tonalité “Ceux qui ont confiance dans le Seigneur sont comme la montagne de Sion. Il ne sera jamais ébranlé, celui qui habite Jérusalem. Des montagnes l’entourent et le Seigneur est autour de son peuple, dès maintenant et pour les siècles”. Ceci nous est aujourd’hui donné du Psaume 22 : 

Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.

L’un et l’autre sont donc des psaumes de confiance dans le Seigneur. Le psalmiste sait l’existence de l’adversité, de l’Ennemi, et s’en remet totalement au Seigneur : Jérusalem est entourée par des montagnes, le Peuple de Dieu est entouré par le Seigneur. Nous connaissons bien ce verset : “Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerai-je ?” : c’est l’esprit même du trait, placé juste avant l’évangile, pendant le Carême.

Les textes d’aujourd’hui, et notamment les pièces grégoriennes, tirées des Saintes Ecritures, tournent autour de deux idées : d’une part, Jérusalem, et d’autre part la joie d’aller à la maison du Seigneur. Ainsi, l’introït par exemple : “Réjouis-toi, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez ; réjouissez-vous et soyez pleins d’allégresse, vous qui étiez dans la tristesse, pour exulter et être rassasiés au sein de votre consolation”. Le graduel nous fait chanter “Je me suis réjoui quand on m’a dit, nous irons à la maison du Seigneur”. Il est manifeste que Jérusalem figure le Royaume des Cieux et la vie éternelle, la nouvelle Terre promise. La liturgie de ce jour insiste sur la joie que nous possèderons en entrant dans la maison du Père, et sur la joie que nous possédons déjà en sachant que nous sommes appelés à y entrer. Cette joie trouve un écho particulièrement approprié dans le Carême, qui nous prépare à Pâques. 

Nous participons par avance à la joie que nous possèderons alors, nous y goûtons par le seul fait de savoir que nous y tendons, à la manière de la foi, qui est “une façon de posséder ce que l’on espère” (He 11, 1). Le Carême nous invite à déjà nous réjouir du Salut et du Royaume, et de vivre cette joie, d’en rayonner. Le dimanche de Laetare nous invite à ne pas perdre de vue cette joie et la finalité de notre Carême et de notre pèlerinage sur terre.

UN CHANT 

Le chant Rends-nous la joie d’être sauvés nous rappelle à cette joie et à l’action de grâce. Le Seigneur nous donne le salut par la Croix, et le Carême nous permet de faire mémoire de cela, et, plus encore, nous exhorte à ne pas vivre dans l’indifférence des promesses de notre Seigneur. Nous le disons à chaque messe, juste après la consécration : “Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire”. N’oublions pas quelle est notre fin : c’est le Ciel. Nous nous approchons chaque jour du retour du Christ en gloire, et nous y tendons. Crucifié pour nous, il nous a ainsi apporté le Salut, n’est-ce pas un motif suffisant pour chanter avec Notre-Dame “le Seigneur fit pour moi des merveilles” ? N’est-ce pas un motif de joie immense ? 

Tanguy Dionis du Séjour a composé le chant “Le Dieu de ma joie” d’après le Psaume 23 : “Tu es libéré de la nuit, désormais relève les yeux […] tu es fait pour la lumière de l’Esprit de vérité […] c’est le Dieu de ma joie”. Le Carême n’est pas seulement un temps pour purifier nos cœurs et nous préparer à la joie de la Résurrection, c’est aussi l’occasion de vivre quotidiennement de la joie du Salut, déjà obtenu pour nous et qui n’attend que notre “oui” pour que nous ayons la vie éternelle. Nous sommes tous voués à la sainteté, à la béatitude, à la vie éternelle et à la joie parfaite, au bonheur qui en découle. 

UN GESTE

Nous pouvons déjà penser au geste de la transmission du feu pascal, à la Vigile Pascale. Le diacre, ou à défaut le prêtre, chantera “Lumière du Christ”, et cette lumière de la Résurrection se transmettra, signe fort du sacrifice du Christ sur la Croix pour notre Salut qui s’étend au Peuple de Dieu. De la même manière, rayonnons de la joie de la Résurrection. Il n’est pas anodin qu’au cœur de chaque temps de préparation (Avent et Carême), la liturgie nous donne un dimanche de la joie. Les temps de préparation à de grands événements sont à la fois des temps de tentation et des temps de grâces, ils sont même des temps de tentation parce qu’ils sont des temps de grâces. Le Mauvais, sachant tout ce que nous pourrions recevoir du Bon Dieu, cherche à fermer notre cœur, à l’alourdir de colères, d’agacements, de fatigue, pour limiter notre disponibilité aux grâces que le Seigneur veut nous donner. Redoublons donc d’efforts dans la prière, redoublons donc de charité et gardons à l’esprit qu’il est le Diviseur et que le Bon Dieu a beaucoup à nous donner en ces temps de grâces.

Quelques suggestions musicales
Rends-nous la joie d’être sauvés, Communauté de l’Emmanuel Rends nous la joie d’être sauvés
Le Dieu de ma joie, T. Dionis du Séjour Le Dieu de ma joie – T. Dionis du Séjour
Prière à St Michel, E. Law de Lauriston Prière à Saint Michel (Léon XIII)